Un matin, les écrans des urgences s’éteignent. Plus de dossiers médicaux, plus de résultats d’analyses. Les consultations sont repoussées, et les soignants ressortent le papier et le stylo. Ce scénario n’a rien d’hypothétique : c’est ce qui arrive quand un hôpital est victime d’une cyberattaque.
Le problème dépasse largement l’informatique. Un établissement piraté ne perd pas que des fichiers : sa capacité à soigner peut être sérieusement entravée, parfois pendant des semaines. Vol de données, rançongiciels, soins interrompus… les patients sont en première ligne. On fait le point sur ce qui est établi, sur ce qui reste un risque, et sur ce que chacun peut faire.

Pourquoi les hôpitaux attirent les cybercriminels
Un hôpital réunit tout ce que cherchent les pirates : des données très sensibles, une activité qu’on ne peut pas arrêter, et un système informatique touffu, où cohabitent parfois de vieux logiciels.
Dossiers patients, imagerie, laboratoires, pharmacie, admissions, équipements médicaux connectés : presque tout passe aujourd’hui par des systèmes interconnectés. Et cette dépendance grandit avec les messageries sécurisées, les dossiers partagés, les outils d’aide au diagnostic et l’intelligence artificielle. Ces évolutions font d’ailleurs partie des sujets suivis par Silicon Valley, média spécialisé dans les innovations technologiques, l’IA et la cybersécurité. Mais plus on numérise, plus il faut protéger.
Les pirates l’ont bien compris. Leur arme favorite : le rançongiciel, un logiciel malveillant qui chiffre les fichiers de l’établissement puis réclame de l’argent contre une promesse de déchiffrement. Parfois, ils volent aussi les données au préalable, pour menacer de les publier.
Les chiffres du CERT Santé, le centre d’alerte du secteur sanitaire et médico-social, donnent la mesure : 764 incidents déclarés en 2025, contre 749 en 2024 et 581 en 2023. Plus d’un sur deux (53 %) était d’origine malveillante. Seule note encourageante, les incidents liés aux rançongiciels ont reculé de 30 % en 2025. Précision utile : ces données reposent sur les déclarations reçues, et ne reflètent pas forcément tout ce qui se passe sur le terrain.
Le 2 octobre 2026, le CERT-FR et le CERT Santé ont publié un retour d’expérience commun qui pointe des failles dans plusieurs logiciels utilisés par les établissements : contrôle des accès défaillant, identifiants mal gérés, et correctifs de sécurité parfois appliqués avec trop de retard.

Données médicales piratées : ce qui s’est produit, et ce qui peut arriver
Mieux vaut séparer ce qui est documenté de ce qui relève du risque.
Les faits. En août 2022, le Centre hospitalier Sud Francilien (CHSF), à Corbeil-Essonnes, subit une attaque majeure. L’hôpital refuse de payer la rançon, et les données volées sont mises en ligne le 23 septembre 2022. Elles pouvaient concerner des patients, des membres du personnel et des partenaires. L’établissement a ensuite écrit aux personnes potentiellement touchées. Plus récemment, en février 2024, la direction de l’hôpital d’Armentières estimait que la cyberattaque subie pouvait concerner environ 300 000 patients.
Les risques. Une fois des données médicales diffusées ou revendues, plusieurs scénarios deviennent possibles :
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L’usurpation d’identité, avec des informations personnelles utilisées pour se faire passer pour le patient.
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L’hameçonnage ciblé : un faux mail ou un faux SMS qui mentionne un vrai examen, un vrai traitement ou un vrai rendez-vous, et paraît donc très crédible.
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Les escroqueries sur mesure, qui exploitent des détails confidentiels.
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L’atteinte à la vie privée, si un diagnostic ou un traitement est rendu public.
Cela ne veut pas dire que chaque patient concerné sera victime d’une fraude. Mais cela explique pourquoi ces données valent cher. Un mot de passe se change en deux minutes, pas un historique médical. C’est aussi pour cela que le RGPD range les données de santé parmi les données particulièrement sensibles, avec une protection renforcée.

Quand l’attaque paralyse les soins
Le vol de données n’est pas la seule conséquence, et pas toujours la plus urgente. Parfois, c’est la prise en charge elle-même qui est touchée.
À Corbeil-Essonnes, dans la nuit du 20 au 21 août 2022, plusieurs systèmes essentiels tombent d’un coup : logiciels métiers, stockage, outils d’admission. Le plan blanc est déclenché pour organiser les soins en mode dégradé. D’après les informations communiquées après coup, des nouveau-nés ont dû être transférés vers un autre établissement, et des automates d’analyses biologiques ont été paralysés. À la mi-octobre, l’hôpital travaillait encore au retour à une activité normale, près de deux mois après l’attaque.
En avril 2024, le centre hospitalier Simone Veil de Cannes a lui aussi dû reporter des opérations non urgentes et des consultations après une cyberattaque. La logique est toujours la même : les urgences et les actes vitaux passent en premier, et les interventions programmées peuvent attendre.
Pour les patients, cela se traduit très concrètement par des examens retardés, des rendez-vous annulés, des délais plus longs, voire des transferts. Le CERT Santé note d’ailleurs que le nombre d’incidents déclarés comme ayant affecté la prise en charge des patients a augmenté de 13 % en 2024.
Pendant ce temps, deux chantiers avancent en parallèle : les soignants continuent de travailler avec des procédures de secours, pendant que les équipes informatiques isolent les systèmes touchés, cherchent comment les pirates sont entrés et préparent la remise en route.

Comment les hôpitaux peuvent mieux se protéger
Pour l’ANSSI et le CERT Santé, un antivirus ne suffit pas. La sécurité repose sur un ensemble de mesures :
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Des sauvegardes isolées et testées régulièrement. C’est le meilleur rempart contre un rançongiciel.
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Des mises à jour à jour, pour les logiciels, les systèmes d’exploitation et tous les équipements exposés.
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La double authentification, qui limite les dégâts en cas de vol d’identifiants.
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Un réseau cloisonné, pour qu’une intrusion ne se propage pas d’un service à l’autre.
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Des plans de continuité, afin de continuer à soigner même sans informatique.
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La formation du personnel, pour repérer les mails piégés et les tentatives de manipulation.
Les hôpitaux ne sont pas les seuls concernés. Toute organisation qui gère un site ou une plateforme doit entretenir ses systèmes, contrôler les accès et protéger les données de ses utilisateurs. C’est le domaine d’agences web comme Colmar, qui crée, maintient et sécurise des sites Internet, avec cette idée simple : repérer les failles avant que quelqu’un d’autre ne le fasse.
Côté hôpitaux, le CERT Santé revient sur les mêmes points faibles : sauvegardes mal protégées, accès distants peu surveillés, et procédures de travail en mode dégradé mal documentées. Au fond, la cybersécurité n’est pas qu’une affaire de technique. Elle dépend aussi de l’organisation, de la formation, et de la capacité à se préparer à la crise.

Patients : les bons réflexes
Vous ne contrôlez pas les systèmes de votre hôpital, mais vous pouvez limiter la casse en cas de fuite.
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Utilisez des mots de passe solides et différents pour votre espace santé et votre messagerie, et activez la double authentification dès que c’est possible.
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Méfiez-vous des mails et SMS qui parlent d’un dossier médical, d’un remboursement ou d’un rendez-vous que vous n’attendiez pas.
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Ne donnez jamais votre numéro de sécurité sociale, vos identifiants ou vos coordonnées bancaires en réponse à un message ou un appel que vous n’avez pas sollicité. Au moindre doute, appelez l’établissement avec ses coordonnées officielles.
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Si votre hôpital annonce une fuite de données, suivez ses consignes et restez attentif aux sollicitations étranges qui font référence à votre santé.
En cas de tentative d’escroquerie, Cybermalveillance.gouv.fr propose conseils et assistance.
Le numérique, partout, y compris en montagne
Cette dépendance au numérique touche aussi le tourisme et les activités de plein air. Préparer une randonnée, organiser un trek ou repérer un itinéraire passe désormais par le smartphone : cartes GPS, applications météo, plateformes de réservation, partage d’informations. Des médias comme Outwild, spécialisé dans la randonnée, l’alpinisme, le trek et les voyages d’aventure, illustrent bien cette évolution des pratiques et la place que prend le numérique dans la préparation des sorties en montagne.
Là aussi se posent des questions de fiabilité, de disponibilité et de protection des données personnelles. Données médicales, coordonnées, informations sur un déplacement : la sécurité numérique concerne tout le monde.
En résumé : une question de confiance
Protéger les systèmes d’un hôpital, ce n’est pas seulement protéger des ordinateurs. C’est garantir que les soins continuent, que les informations médicales restent confidentielles, et que les patients gardent confiance.
Le bilan de 2025 est contrasté : les rançongiciels reculent, mais les menaces restent nombreuses et les failles logicielles persistent. Et à mesure que les hôpitaux adoptent de nouveaux outils, dont l’IA, la cybersécurité doit s’inviter au cœur de leur modernisation. L’objectif n’est plus seulement d’empêcher l’intrusion, mais de pouvoir continuer à soigner quand elle a lieu.
FAQ
Que se passe-t-il quand un hôpital subit une cyberattaque ?
Les systèmes touchés sont isolés, une cellule de crise se met en place, et les équipes travaillent en mode dégradé, souvent avec des dossiers papier. Les urgences restent prioritaires, et certaines interventions programmées peuvent être reportées.
Mes données médicales seront-elles forcément utilisées si elles sont volées ?
Non. Une fuite crée un risque d’hameçonnage, d’usurpation d’identité ou d’escroquerie, mais tous les patients concernés ne deviennent pas victimes. Il vaut tout de même rester vigilant.
Un hôpital peut-il refuser de payer la rançon ?
Oui. Le CHSF de Corbeil-Essonnes l’a fait en 2022. Les attaquants ont ensuite publié les données qu’ils avaient volées.
Où signaler une tentative d’hameçonnage liée à sa santé ?
Sur Cybermalveillance.gouv.fr. Si le message mentionne un hôpital, prévenez aussi l’établissement via ses coordonnées officielles.