Phénix-Web
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Christophe Corthouts
Ma première rencontre avec l’Imaginaire ? C’est sans doute d’abord dans Spirou, avec certaines bandes dessinées mâtinées de fantastique... Puis, la lecture, vers 9-10 ans de l’Ombre Jaune. Le choc... Suivi quelques mois après par la découverte de Dead Zone, alias L’Accident de Stephen King.
Dans le même temps, la vidéo explose dans les foyers belges et offre un accès quasi sans limite à des tonnes de films plus folklo-mongolos les uns que les autres. Pour alimenter les après-midi « vidéo-club », on s’enfile à peu près n’importe quoi, des perles (Carpenter, De Palma, Wes Craven...) et des bouzes (toutes les déclinaisons de Zombies, de Vendredi Treize ou encore de Mad Max).
Mais peu à peu, l’imaginaire se forme... Et avec lui, l’envie de coucher sur papier mes propres histoires, mes propres délires.
Je découvre aussi, avec horreur (vraiment ?) que la carrière de grand scientifique dont j’avais rêvé se heurte de plein fouet à un mur plutôt infranchissable : celui d’une totale incompatibilité d’humeur entre votre serviteur et les mathématiques. Pas grave... Si les chiffres se rebellent, les mots eux, se laissent dompter... A condition de ne pas être trop regardant sur l’orthographe.
A 17 ans, je concocte ma première revue de ciné au bahut. Cela s’appelle Ciné Fan ; la créature vivra 7 ou 8 numéros, le temps de passer de la machine à écrire à l’ordinateur.
Je participe à des concours d’écriture, des concours d’éloquence, de petits spectacles de théâtre... Je fais le malin quoi... Et j’écris. Encore et toujours.
Ma connaissance de plus en plus approfondie de la langue anglaise m’ouvre les portes d’une bibliothèque insoupçonnée, celle des nombreux romans imaginaires non-traduits dans notre belle langue française. King toujours, mais aussi Koontz, Masterton, Laymon, David Morell...
Mes études de journalisme me permettent de me frotter à la réalité du terrain. Stagiaire dans un quotidien liégeois, il faut écrire vite et sur tous les sujets. Le but n’est pas de faire de la littérature mais d’interpeller le lecteur, et de lui permettre de comprendre le message. Un sens de l’urgence que je garde encore aujourd’hui. Je déteste les histoires qui traînent, le style ampoulé et les auteurs qui se regardent écrire.
Mon travail de fin d’études est consacré à Stephen King. Dans les travées de la FNAC de Liège, je découvre « Stephen King sous toutes les coutures », un numéro de Phénix. Une revue de l’Imaginaire que je ne connaissais pas. Je découvre, avec bonheur. Je cherche d’autres numéros... Sans succès. Et pour cause. L’animal est en pleine mutation.
Près de deux ans plus tard, à la Foire du Livre de Bruxelles, je retrouve l’oiseau paré du plumage professionnel que lui offrent les éditions Claude Lefrancq. A nouveau, je découvre et j’adhère.
Un coup de fil (qui faillit ne jamais aboutir, mais c’est une autre histoire...) et le rédacteur en chef me propose tout naturellement de rejoindre l’équipe.
Articles, dossiers, traductions, les travaux s’enchaînent. Puis un jour, la question « Ca te dirait de traduire un bouquin entier » ? Pourquoi pas ? Ca sera la novélisation de Seaquest, série télé plutôt réussie, produite par Steven Spielberg. Ma passion pour Star Wars aboutit aussi à l’écriture d’un premier document sur la saga de George Lucas... Saga qui ne comporte encore à l’époque que trois films. Dans le même temps, je m’ouvre à Marc Bailly. J’ai une idée pour un roman. Un parc d’attractions totalement virtuel et un virus, qui prend la forme d’un requin, qui boulotte les premiers invités... J’écris Virtual =World en quatre mois et les éditions Lefrancq publient ce premier opus en 1997. Joie ! Viens ensuite www.meurtres.com, dans lequel un tueur en séries un peu particulier défie la police sur le net. Joie encore. Mais après le beau temps, un peu de pluie peut-être ? Les éditions Lefrancq entrent dans la tempête. Mon roman suivant ne verra pas le jour en Belgique... Mais en France. Les éditions Naturellement publient Le Syndrome Chronos en 1999. A ce jour, mon travail le plus ambitieux et peut-être le plus abouti.
Le travail avec Phénix continue et lorsque les éditions Naturellement décident de se lancer dans la publication de Science-Fiction Magazine dans les kiosques, je suis de la partie. J’irai même jusqu’à occuper le poste de rédacteur en chef adjoint... Une aventure pleine de surprises... Une plongée étonnante dans un monde éditorial totalement différent, celui des mensuels et de leur rythme de fou.
Je publie encore L’Orgue de Léonardo aux Editions Naturellement ainsi que sous forme de feuilleton du millénaire dans le journal Le Matin, publié à Liège.
Et Phénix mute encore, alors que Science-Fiction Magazine n’est déjà plus qu’un souvenir...
Nous vivons une nouvelle aventure hors du commun avec une courte collaboration sur la Foire du Livre de Bruxelles en 2003. Rencontre-débat avec Bernard Werber, nouvelle rencontre avec Graham Masterton... Discussion avec Roland Wagner, Christophe Lambert ou encore Bernard Simonay...
Des visages, des rencontres, des coups de coeur, des coups de gueule, des joies, des déceptions, des livres... Encore des livres, toujours des livres. Lus et écrits... Phénix quoi !
Et l’aventure continue...
Allez, pour un peu changer, je vous la fais sous la forme du questionnaire de Proust... Un questionnaire un peu revu et corrigé, je vous l’accorde...
1. Le principal trait de votre caractère : L’autodérision et l’humour... Je sais être un peu lourd aussi parfois...
2. La qualité que vous préférez chez un homme : L’humour... Et la tolérance... pour mes défauts !
3. Et chez une femme ? : Le sens de la répartie.
4. Le bonheur parfait selon vous : Une pile de bouquins, une pile de DVD et pas un seul feuillet à rendre à qui que ce soit !
5. Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux ? : Durant mes années formatives au métier de journaliste et de communicateur... Mais je ne m’en rends compte qu’aujourd’hui !
6. Votre dernier fou rire : Avant-hier... Une interview de Robin Williams dans le talk show de Jay Leno sur NBC... Délire total d’un comique ultime...
7. Et la dernière fois que vous avez pleuré ? : Il y a peu, en songeant à l’homme qui m’a fait découvrir l’imaginaire et qui nous a quitté le week-end de Pâques.
8. Le trait de caractère dont vous êtes le moins fier : Je suis un éternel feignant et je repousse toujours au lendemain...
9. Votre occupation préférée : Ecrire. Lire. Regarder un bon film.
10. Votre plus grande peur : Qu’il arrive malheur à un de mes enfants.
11. Qu’avez-vous réussi le mieux dans votre vie ? : Jusque-là, l’éducation de mes enfants... Et une série de « sitcom » théâtrales qui auraient sans doute « explosé » dans un contexte différent...
12. Que possédez-vous de plus cher ? : Mes enfants.
13. La figure historique à laquelle vous auriez aimé ressembler : JFK.
14. Votre couleur préférée : Le bleu
15. Votre fleur favorite : La Rose rouge, au risque d’être terriblement banal.
16. Votre boisson préférée : Le Pepsi Max (comment ça, pas de pub ?)
17. Les noms que vous aimez : Nicolas, Dana, Sarah et Rachel
18. Vos auteurs favoris : Stephen King, Harlan Coben, Michael Moorcock, Dean Koontz, Graham Masterton, Maxime Chattam.
19. Avez-vous un ou deux livres de chevet ? : "Ecriture" de Stephen King.
20. Vos compositeurs préférés : John Williams, Queen et Led Zeppelin.
21. La chanson que vous sifflez sous votre douche : « Round Here », des Counting Crowes.
22. Vos peintres favoris : Frazetta, Frank Miller (même si c’est un auteur de comics), Bacon, Dali.
23. Vos films "culte" : Ghosbusters, sans aucune hésitation. Et la saga Star Wars.
24. Vos héros dans la vie : L’héroïsme, doit, par essence, rester discret... Donc, les héros du quotidien, que l’on ne voit pas dans les journaux.
25. Si vous deviez changer une chose dans votre apparence : Je me ferais la tronche de Brad Pitt, bien entendu. Avec mon intelligence ? Le monde serait alors à mes pieds.
26. Le talent que vous voudriez avoir : Celui de Steven Spielberg.
27. Votre plus grand regret ? : De n’avoir pas osé poursuivre une carrière de comédien.
28. Que détestez-vous par-dessus tout ? : Le consensus mou et le politiquement correct actuel.
29. Les fautes qui vous inspirent le plus d’indulgence : J’ai tellement de défauts que je DOIS être tolérant avec les autres hein....
30. Comment aimeriez-vous mourir ? : A 120 ans... Tué par un mari jaloux.
31. Etat présent de votre esprit ? : Torturé.
32. Votre devise : « Travailler sérieusement, mais jamais se prendre au sérieux », « On peut rire de tout ».
33. Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous qu’il vous dise ? : Il n’existe pas, désolé, sinon j’aurais réalisé « Les Dents de la Mer » à même pas trente ans... Ou j’aurais écrit « Le Fléau ». Ou ma femme s’appellerait Angelina Jolie. Non, vraiment, là-haut, à part quelques stations spatiales et un Empereur Galactique qui rêve d’abattre l’Ordre des Jedi, il n’y a que de la poussière d’étoiles.
Son site : Chris Corthouts : Ecrivain Tous Terrains