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WERBER Bernard : Le Papillon des étoiles

Mis en ligne le 14 décembre 2006

Rédacteur(s) : Marc Bailly

Le pitch en quelques phrases.

Les conflits, les guerres, la pollution, le terrorisme, la famine… Le monde court à sa perte. Yves, un ingénieur, a l’idée de construire le Papillon des étoiles pour fuir et essayer de recommencer l’Humanité ailleurs. Un milliardaire le suit dans son rêve et un gigantesque vaisseau est construit pour conduire 144000 personnes dans un voyage de 1000 ans vers une nouvelle Terre.

Bernard Werber est un mastodonte de l’édition, un monument incontournable du monde du livre. Si vous ne voulez pas passer pour un sot, vous devez avoir lu au moins un ouvrage du grand Bernard. C’est donc que le gars a du talent. Et pourtant…

Autant le dire tout de suite, je suis loin d’avoir lu tout Werber. J’ai lu Les Fourmis et sa suite, et j’étais resté sur ma faim. Et je viens de terminer Le Papillon des étoiles. J’ai longtemps hésité, mais suite à une émission de radio où Bernard Werber était interrogé (Dieu qu’il parle bien), je me suis fait appâter par la voix de cet auteur emblématique. Et pourtant…

Le gros problème avec les livres de Werber, c’est qu’il fait de la SF, c’est indéniable et indiscutable, sans qu’on appelle cela de la SF, et sans que Werber ait la culture science-fictionnesque nécessaire. Ici encore il construit un astronef de 32 km de long sur 500 m de large en trois coups de cuillère à pot. Ilutilise des techniques de reproduction de la vie sans aucune explication. Il nous raconte la vie de 144000 personnes sur 1250 ans sans d’énormes évolutions ou presque. Ses personnages, à la fin, tombent presque dans la barbarie, ils ne savent plus planter une graine, savent à peine se servir d’un arc pour chasser… Mais ils savent lire et utiliser une navette spatiale. Ils ne savent pas changer des « néons » qui leur donnent la lumière solaire, mais savent piloter un véhicule de l’espace sans avoir appris… Le langage et la mentalité n’ont pas varié d’un iota en plus de 1000 ans… C’est plein de bonne volonté, et pourtant…

On peut regretter que Werber n’ait pris que trois mois pour développer son roman à partir d’une nouvelle, en même temps que le tournage de son premier long métrage Nos amis les terriens qui sortira en janvier 2007. Et pourtant…

Et pourtant l’on reste scotché au récit, à l’histoire. On veut connaître la suite, malgré les nombreuses invraisemblances et les naïvetés qui parsèment tout le récit. Alors pourquoi parvient-il à capturer autant de lecteurs ? Là est la question. Son style est clair, mais sans rayonnement particulier ; ses personnages sont attachants, mais sans qu’on en tombe amoureux. Je crois surtout que c’est dans sa démarche, dans son questionnement que M. Werber révèle toute sa force. C’est là toute sa puissance. Bernard Werber touche au vrai, au questionnement universel, de celui qui fait bouger les foules, de celui qui hante chaque cerveau. Il questionne les tréfonds de ce qui nous fait avancer, ou plutôt de ce qui fait qu’on s’arrête pour admirer le lever du soleil ou le sourire d’une jolie fille. Oui, c’est la toute la force de cet auteur. Capturer les petits moments de la vie et les restituer pour en faire de grands moments inoubliables.

Finalement, j’aime bien Werber, et pourtant…

Le site du Papillon des étoiles : http://www.lepapillondesetoiles.com

Bernard Werber, Le Papillon des étoiles, 258 p. Albin Michel

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