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MASTERTON Graham : La Cinquième Sorcière

Mis en ligne le 14 juillet 2010

Rédacteur(s) : Franck Boulègue


Le nouveau roman du maître écossais de l’horreur nous entraîne à Los Angeles, une cité qui n’a d’angélique que le nom. Les massacres les plus révulsants se succèdent en effet au fil des pages de ce livre à l’efficacité redoutable. Masterton n’a rien d’un visionnaire. A la différence d’un Clive Barker, par exemple, il ne réinvente pas le genre dans lequel il officie. Mais il s’acquitte toujours de sa tâche de raconteur avec punch et brio. Cet opus ne fait pas exception à la règle.

Que se passerait-il si un quarteron de sorcières aux talents variés - vaudou haïtien, magie venue d’Europe de l’Est ou d‘Afrique - mettaient en commun leurs savoirs obscurs et les plaçaient au service de barons du crime officiant dans les trafics les plus répréhensibles qui soient ? Elles ne manqueraient pas de constituer une menace susceptible de faire basculer une ville majeure - en l’occurrence, Los Angeles - dans le crime et le chaos. Capables de provoquer la cécité de ceux qu’elles frappent, de leur faire vomir toutes sortes d’insectes ou de créatures répugnantes, à mêmes d’invoquer des esprits assoiffés de sang humain afin d’accomplir leurs immondes besognes, ces sorcières ne tardent pas à démanteler complètement le bon fonctionnement des forces de l’ordre de la grande ville californienne. La police, l’administration, les élus - tous ne tardent pas à plier devant leur volonté, assurés de connaître autrement une fin des plus horribles.

Un détective du nom de Dan Fisher parvient toutefois à s’opposer à cette mainmise progressive de la pègre sur Los Angeles. Fils d’un illusionniste de talent, il prend rapidement très au sérieux les preuves incontestables de la puissance magique déployée par les sorcières. Quand il réalise le danger qu’elles représentent, il s’efforce de son mieux de convaincre ses supérieurs de la réalité de la menace - d’abord sans grand succès, puis peu à peu, les morts surnaturelles s’accumulant, avec davantage de résultats. Il est flanqué dans cette quête d’Annie, sa gentille voisine qui s’intéresse de près à tout ce qui a trait à la magie.

Ensemble, ils vont combattre la mal à la racine en tentant de comprendre d’où provient la puissance phénoménale qui irrigue les sorcières. La tireraient-elles d’une source restée dans l’ombre ?

En évitant les longues digressions, en saupoudrant son récit de quelques traits d’humour, en structurant sa narration de manière classique mais solide, Graham Masterton tient son pari : empêcher le lecteur de poser son roman avant de l’avoir dévoré jusqu’à la dernière page. Pas nécessairement un repas gastronomique, donc, mais un en-cas savoureux qui se laisse ingérer sans déplaisir.

Graham Masterton, La Cinquième Sorcière, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par François Truchaud, 380 p., Bragelonne


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