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CLEMENS James : L’étoile de la sorcière - Les bannis et les proscrits T5

Mis en ligne le 12 octobre 2009

Rédacteur(s) : Channe


C’en est fini pour "Les bannis et les proscrits" avec ce cinquième tome, des pavés rassurants pour les affamés de lecture de près de 600 pages chacun. Et pour les amateurs de bonne fantasy, un plaisir garanti.

L’histoire, elle, est résumée en quelque sorte dans le titre français de la série, "les bannis et les proscrits", ceux qui sont mis à l’écart, les marginaux, les différents, c’est d’eux que viendra l’espoir d’un monde nouveau... Alors, il y a les elfes imparfaits, les nains, les ogres qui n’ont pas respecté les règles des clans, tous ceux qui sont en rebellion...

Nous sommes dans un univers médiéval imaginaire. Chaque personnage est lié à un élément de la nature. L’héroïne en est la synthès. La magie est très présente mais ce n’est pas elle qui va déterminer les vainqueurs. C’est la capacité à aimer les autres. Alors, n’hésitez pas à embarquer pour ce long voyage. Surtout que les premiers titres sortent en poche chez Milady, la petite soeur des éditions Bragelonne.

Voilà, j’ai eu beau traîner sur les pages, ralentir le rythme de la lecture, fermer les yeux pour rêver à l’envi, c’est fini. Le cycle est bouclé. Evidemment comme j’ai eu beaucoup de plaisir à lire cette grande aventure en 5 gros livres, j’ai envie que ça ne s’arrête pas. Mais aussi, je me dis qu’il ne faut pas abuser et tirer à la ligne. James Clemens a su mettre le point final, laisser quelques points de suspension pour les rêveurs invétérés qui poursuivront l’histoire...

Je vais passer les bouquins à mon compagnon et à tous ceux que je pourrai convaincre de s’embarquer pour une longue lecture sans coupure. Car j’imagine le plaisir à lire les cinq livres à la suite. Plaisir que je m’offrirai un jour, plus tard. Parce que l’intensité des aventures lues dans la continuité, ça doit être quelque chose. Comme des vacances ailleurs. Une parenthèse de la réalité.

Pourtant, je me souviens, je suis allée en lecture à reculons pour le premier tome. J’avais l’impression d’un énième roman de fantasy et encore, plus destiné à des adolescents qu’à des lecteurs adultes. Cette récrimination étant certainement dûe à une mauvaise rencontre de lecture comme cela arrive parfois. Un livre dont la couverture ou le titre vous ont séduit et en fait, c’est un rendez-vous loupé.

Je ruminais ma rancoeur qu’on répète les mêmes mots sur un même thème, un univers qui me semblait du premier abord copié-collé de Tolkien. Et puis d’un seul coup, j’ai oublié.. Tout oublié. Voilà, c’est là le charme de certaine lecture. La magie a opéré. Si le titre "Les bannis et les proscrits" ne m’inspirait pas, les personnages m’ont tout de suite captée dans leur univers. Et puis cette série décline nos soucis écologiques à sa manière.

Mais inutile de cherche des alibis au plaisir de cette lecture. Les alibis de lecture, je les préparerai pour les comités de lecture où je participe et où l’on s’étonne de ma passion pour la fantasy. Apparement à mon grand âge (55), j’ai dépassé la date de prescription.

Comment dire ce plaisir de lecture, quand il y a de l’amour, cela s’arrête juste à temps avant de tomber dans l’eau de rose. Je n’ai rien contre l’eau de rose, la véritable, mais la littérature à l’eau de rose horripile ma fibre féministe.
Quand il y a des batailles, l’auteur dose pile-poil ce qu’il faut d’action sans s’appesantir, une surdose d’hémoglobine surchargerait l’histoire... Et pas question d’ennui, l’aventure est mise en perspective par différents personnages auxquels on s’attache y compris certains qui ne sont pas des héros exemplaires

Bien écrit, bien traduit -par Isabelle Troin, la même traductrice pour les cinq volumes, merci à Bragelonne, je déteste qu’on change de traducteur en cours de série, cela est dérangeant, le traducteur étant le passeur - on se cale dans ses pas, celui qui nous décline l’écriture de l’auteur. Ce n’est peut être pas le livre du siècle en fantasy, mais c’est du plaisir pur de lecture. Celui qui vous ramène à l’enfance, à l’enthousiasme des premiers livres lus et ce que ça fait de créer un univers via la magie des mots.

Alors, je suis un peu triste que ça soit fini. J’ai envie de découvrir d’autres livres de James Clemens, un vrai conteur d’histoires qui peut vous mener par le bout du nez pendant des milliers de pages et on en redemande au final.
Le genre de lecture qui fait oublier les soucis, même si on peut faire des parallèles avec la réalité. Une lecture qui ouvre des portes. Y compris entre les générations.
J’ai eu grand plaisir à discuter avec des adolescents du "Feu de la sorcière" et une même flamme brillait dans nos yeux malgré le décalage des années.
Alors, si vous voulez faire plaisir à des lecteurs dévorants, n’hésitez pas ! C’est de la fantasy comme je l’aime. Un décalage avec la réalité, un zeste de contes de fées et de l’aventure.

L’étoile de la sorcière - Les bannis et les proscrits T5 par James Clemens, traduiut par Isabelle Troin, illustré par Anne-Claire Payet, Bragelonne


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